Alexandre Désiré Tapoyo met en garde le Pouvoir contre ‘’une implosion sociale et politique qui pointe à l’horizon’’

LIBREVILLE (Equateur) – Dans une lettre ouverte datée du mercredi 7 août, l’ancien président du conseil d’administration (PCA) de la Société gabonaise des transports (SOGATRA), invite le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé, le directeur de Cabinet de la présidence de la République, Brice Laccruche Alihanga, et le président de l’Assemblée nationale, Faustin Boukoubi, à mettre tout en œuvre pour éviter cette implosion qui pourrait porter gravement atteinte au peuple gabonais.

 

L’ancien président du conseil d’administration (PCA) de la Société gabonaise des transports (SOGATRA), par ailleurs cadre du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir), Alexandre Désiré Tapoyo, craint le pire pour la stabilité du Gabon. Il le fait clairement savoir dans une lettre ouverte datée du mercredi 7 août 2019.

 

En scrutant les faits marquants de l’actualité nationale, notamment les appels à la déclaration de la vacance du pouvoir par certaines formations politiques et la société civile, les interpellations des leaders syndicaux et les agressions physiques des forces de l’ordre sur les travailleurs qui font grève pour revendiquer leurs droits, et les licenciements abusifs de plusieurs gabonais, qui ne savent plus à quel saint se vouer, sont autant de signaux qui ont suscité la réaction de M. Tapoyo, qui craint un embrasement si rien n’est fait par le Pouvoir pour ramener l’accalmie.

 

Se référant à la grande figure politico-religieuse de l’histoire de France qu’est le Cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu, dans son ouvrage titré Testament Politique, Alexandre Désiré Tapoyo préviens que « ‘’Les grands embrasements naissent des petites étincelles’’. Cette parole de sagesse, loin d’être une simple maxime triviale, doit dorénavant animer notre intelligentsia comme préoccupation fondamentale à l’occasion de tout acte ou propos en direction des populations gabonaises. Comme vous le savez, au sortir de l’élection présidentielle de 2016 notre pays a vécu une grave crise politique qui a failli anéantir les fondements de la nation gabonaise et notre vivre ensemble. Cet épisode paroxystique fut pourtant celui d’un processus lancinant dont les manifestations pernicieuses ou flagrantes faisaient déjà, longtemps à l’avance, l’objet d’un certain nombre d’interventions pour tirer la sonnette d’alarme », explique-t-il.

 

Jetant un regard rétrospectif dans l’histoire politique du Gabon depuis 1960, ce cadre du PDG fait remarquer au Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé, au directeur de Cabinet de la présidence de la République, Brice Laccruche Alihanga, et au président de l’Assemblée nationale, Faustin Boukoubi, qui sont les destinataires de cette lettre ouverte, « que le maitre-mot de toutes les explosions populaires violentes contre les autorités est l’exaspération », dit-il, avant d’ajouter que « Malgré des efforts communs pour le bon fonctionnement des institutions, et à la veille de la commémoration de notre accession à la souveraineté nationale, j’ai le profond regret de constater, que notre atmosphère se charge de plus en plus d’électricité, dans une ambiance ‘’gazeuse’’».

 

Pour l’ancien vice-président du Centre des libéraux réformateurs (CLR), ces explosions populaires qui risquent d’arriver au Gabon si rien n’est fait, seront les conséquences « d’une exacerbation populo-démagogique du ressenti lié aux difficultés existentielles des populations, mais aussi à la propension de beaucoup d’entre nous à ce que je qualifierais de ‘’mêmeté’’ pseudo-intellectuelle. J’entends par ce vocable tout ce qui, au lieu de permettre l’émulation républicaine et l’affinement des solutions, fait plutôt le lit à des raccourcis ravageurs et autres subterfuges. Ce Gabon que je qualifie ‘’des raccourcis’’, loin d’ailleurs d’être l’apanage d’une partie de la seule classe dirigeante, est devenu une norme au sein de notre société, reléguant au second plan les valeurs nobles d’effort, de travail et de mérite ».

 

Aussi, pour éviter cette implosion sociale et politique, dont les prémices seraient déjà perceptibles, Alexandre Désiré Tapoyo invite Julien Nkoghé Békalé, Bruce Lacruche Alihanga et Faustin Boukoubi,  à tout mettre en œuvre pour l’éviter.

 

 

Alexandre Désiré Tapoyo qui est un cadre du PDG, fait désormais partie des personnalités politiques, qui depuis le début de l’année, interpellent le Pouvoir sur une éventuelle implosion politique et sociale. Avant lui, il y a eu notamment, Dieudonné Minlama Mintogo, président du parti politique Ensemble pour la République (EPR centriste), qui au regard de la situation politique et socioéconomique du Gabon, avait appelé le Pouvoir à mettre en place un dialogue national réellement inclusif « pour sortir notre pays de la crise multiforme dans laquelle il ne cesse de s’enfoncer… ».

 

 

Levi NGOMA

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