Le RPM taxe le gouvernement gabonais d’instable et d’inefficace

LIBREVILLE (Equateur) – Depuis l’accident vasculaire cérébral (AVC) du président de la République, Ali Bongo Ondimba, le 24 octobre 2018, le gouvernement gabonais a été remanié six fois. Le dernier en date, n’a pas laissé insensible le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM, opposition), qui estime que ces remaniements récurrents cachent en réalité l’instabilité du pouvoir en place dont la légitimité est contestée depuis 2009.

 

Le Conseil exécutif du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) de l’opposant Alexandre Barro Chambrier, a tenu sa réunion hebdomadaire le jeudi 5 décembre dernier à Libreville. Au cours de cette rencontre, Barro Chambrier et ses  collaborateurs ont scruté l’actualité nationale, marquée notamment par le remaniement du gouvernement de Julien Nkoghé Békalé, du lundi 2 décembre dernier.

 

Pour le RPM, « Ces remaniements à répétition, malgré les raisons données pour les justifier, posent le problème de l’instabilité du gouvernement, de son inefficacité et de l’image qu’il projette de notre pays. Ali Bongo, ou plus exactement ceux qui décident actuellement pour son compte, ne semblent pas tirer les leçons de leurs échecs récurrents », déclare le RPM.

 

Offusqué par ces récurrents remaniements devenus un objet de raillerie à l’échelle nationale et internationale, Alexandre Barro Chambrier et les cadres dirigeants de son parti, s’interrogent sur ces erreurs de casting de l’exécutif depuis ces dix dernières années, et qui ont eu pour conséquence le pillage des caisses de l’Etat. « En effet, comment peut-il expliquer qu’en dix ans il aille d’erreurs de casting en erreurs de casting, et découvre subitement que ceux à qui il a délégué une parcelle de pouvoir passent leur temps à braquer les caisses de l’Etat ? », s’interroge le RPM, qui soutient par ailleurs, que cette situation qui s’est accentuée depuis octobre 2018, où malgré les dénégations de ses partisans, l’état de santé du président gabonais, Ali Bongo Ondimba, devait conduire, dans l’intérêt supérieur de la nation, à la vacance du pouvoir.

 

« A beau changer d’acteurs pour l’accompagner dans sa gouvernance, les mêmes causes produiront les mêmes effets, car le véritable problème est non seulement celui de sa légitimité contestée depuis 2009, mais aussi de son manque de discernement dans le choix de ses collaborateurs et de son aptitude à diriger l’Etat », martèle le RPM.

 

Hormis le dernier remaniement du gouvernement, le Conseil exécutif du RPM s’est également prononcé sur l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi de finances pour l’exercice 2020,  qui établirait le budget en recettes et en dépenses à la somme de 3.330.773.722.478 de Francs CFA. Au regard du faible taux d’exécution des budgets précédents, le RPM reste sceptique quant à la capacité du gouvernement gabonais à mettre en œuvre ce nouveau budget.

 

« (…) Faut-il rappeler qu’en dix ans, les gouvernements successifs d’Ali Bongo ont été incapables de mettre en œuvre son propre projet, malgré d’énormes ressources financières et des hypothèses de croissance des plus optimistes. », souligne-t-il.

 

Avant de mettre un terme à sa réunion hebdomadaire, le Conseil exécutif du RPM s’est aussi exprimé sur la nomination de  Noureddin Bongo Valentin, fils aîné du président gabonais, au poste de coordinateur général des affaires présidentielles par le dernier Conseil des ministres. Pour Alexandre Barro Chambrier et l’ensemble du Conseil exécutif du RPM, cette nomination qui s’apparente à une provocation de trop vis- à vis du peuple gabonais, est susceptible d’ébranler la cohésion nationale.

 

 

Levi NGOMA

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