Nouvel an/Discours à la nation : Ali Bongo Ondimba donne une dernière chance au Premier ministre et son gouvernement

LIBREVILLE (Equateur) – A quelques heures de la nouvelle année 2020, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a lu le mardi 31 décembre dernier à Libreville, son discours traditionnel de fin d’année. Dans cette allocution, le président gabonais met en garde le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé et son gouvernement, contre tout échec dans la mise en œuvre de sa politique en faveur du bien-être des populations. Il déplore également les dérives auxquelles certains ministres et hauts cadres de l’administration publique, se sont rendus coupables.

 

L’année 2020 ne sera pas de tout repos pour le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé et son nouveau gouvernement. Après avoir bénéficié une deuxième fois de la confiance du Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, qui l’a reconduit dans sa charge le 2 décembre dernier, après avoir obtenu le soutien massif des députés la semaine dernière, quant à sa déclaration de politique générale, le patron de l’Administration gabonaise vient de recevoir du président de la République, une mise en garde.

 

En effet, dans son traditionnel discours à la nation lu le mardi 31 décembre dernier, à quelques heures de la célébration du nouvel an, Ali Bongo Ondimba a clairement exprimé sa déception à l’endroit des hauts responsables de l’administration publique dont certains membres du gouvernement précédent, impliqués dans le détournement des deniers publics. Ces derniers ont fait passer leurs intérêts égoïstes au détriment de l’intérêt général.

 

« C’est un honneur que de servir la République, d’être au service de nos compatriotes, et d’œuvrer pour l’intérêt général. Cela confère certes des avantages, mais c’est d’abord une charge, qui suppose d’accomplir son devoir avec exemplarité. L’un des visages de cette exemplarité, c’est la probité. Les dirigeants sont là pour servir. Ils ne sont pas là pour se servir. Je l’affirme : ‘’La corruption n’a pas sa place au Gabon’’. Je l’affirme encore, et avec force : ‘’La corruption n’a pas sa place au Gabon’’. Elle est un frein, un obstacle au développement de notre nation, une gangrène et une trahison envers nos populations, qui par le suffrage universel m’ont fait confiance », a martelé Ali Bongo Ondimba.

 

On se souvient que dans son discours à la nation du 8 juin 2019, le président gabonais s’était offusqué contre la corruption qui gangrène l’administration gabonaise d’une part, et contre l’égoïsme, le manque de probité et d’éthique de la classe politique gabonaise, d’autre part. Aussi, avait-il instruit Julien Nkoghé Békalé de former un gouvernement « constitué d’hommes et de femmes qui vivent la chose publique comme un sacerdoce, prêts à donner la priorité à l’intérêt général, et capable de faire preuve d’exemplarité, de probité et d’éthique », avait-il dit.

 

Malheureusement, pour le Chef du gouvernement et patron de l’administration gabonaise, des membres de son équipe et certaines personnes nommées à la tête de plusieurs administrations, ont failli. Donnant raison au ministre de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, Francis NKéa Ndzigué, qui avait révélé à l’opinion nationale et internationale, l’existence des corrompus au sein du gouvernement singulièrement. Même si par la suite, il avait été obligé de demander pardon à ses collègues.

 

C’est pourquoi le président Bongo Ondimba exhorte les hommes et les femmes qu’il a récemment nommé pour être au service des populations, d’en tirer toutes les conclusions, « C’est-à-dire réviser leur manière d’être, de fonctionner, et revenir à l’essentiel : travailler pour l’intérêt général », a-t-il déclaré, en soulignant que « ces instructions, je les ai données à tous les responsables publics, à commencer par le Premier ministre, Chef du gouvernement ».

 

Toujours dans son discours à la nation, le président gabonais rappel au Chef du gouvernement, qu’il a obligation de résultat. L’échec ne saurait être une option. A cet effet, l’action du gouvernement et des hauts responsables de l’administration publique, sera désormais contrôlée, a-t-il annoncé. « Pour m’en assurer, j’ai décidé de renforcer les mécanismes d’évaluation, tant en ce qui concerne l’action du gouvernement, que des hauts responsables au sein de l’administration. Le suivi de leurs actions sera entrepris de manière plus rigoureuse, et plus régulière. Des mesures seront être prises dans ce sens. Ma patience a des limites », a-t-il dit.

 

S’inscrivant dans la même logique des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Ali Bongo Ondimba demande à Julien Nkoghé Békalé et à son gouvernement, de passer d’une logique d’annonces, à une logique de résultats. Car d’après le président de la République, c’est sur cette base que les populations porteront leur jugement.

 

« Les gabonaises et les gabonais exigent de l’efficacité. Autrement dit, à nouveau des résultats. Des résultats sur le long terme quand il s’agit d’investir pour préparer leur avenir, celui de leurs enfants, celui de leurs générations futures. Mais aussi des résultats immédiats pour pallier les urgences du quotidien. Cette aspiration, c’est celle du peuple gabonais, et j’entends la faire respecter scrupuleusement par toutes ces personnes détentrices d’une charge publique », a-t-il soutenu.

 

S’exprimant sur l’opération anti-corruption dénommée Scorpion, et qui a permis l’arrestation de quelques hauts responsables de l’administration publique dont certains membres du gouvernement, Ali Bongo Ondimba rappelle que le Gabon est un État de droit et nul ne saurait se soustraire à la justice. « Je voudrais simplement dire une chose. Avec force et détermination. Que celles et ceux qui s’adonneront à des pratiques répréhensibles seront tous sanctionnés, sans exception, avec une extrême sévérité car ils tomberont sous le coup de la loi », a-t-il insisté.

 

 

James RHANDAL

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