Détention des prisonniers politiques : La société civile s’étonne du ‘’silence coupable’’ de l’opposition gabonaise

LIBREVILLE (Equateur) – Plusieurs prisonniers politiques appartenant pour la plupart aux partis de l’opposition, seraient détenus arbitrairement à la prison centrale de Libreville. Une situation qui ne semble pas déranger les leaders de ces formations politiques auxquelles ils appartiennent, et qui en dehors de quelques déclarations pour se donner bonne conscience, ne font rien de concret pour obtenir la libération de leurs camarades. Pour Georges Mpaga de la société civile, ce silence coupable de l’opposition est une preuve qu’elle est complètement éteinte, et ne peut rien faire pour ces prisonniers politiques.

 

Pascal Oyougou, Privat Ngomo, Bertrand Zibi Abeghe et bien d’autres, sont en détention préventive à la maison d’arrêt de Libreville. Ces gabonais qui appartiennent à des partis politiques de l’opposition, croupissent dans les geôles pour avoir à tort ou à raison, pris position pour un leader de l’opposition ou pour avoir tenu certains propos à l’encontre du pouvoir.

 

Alors que leurs familles respectives ne cessent de multiplier des sorties médiatiques pour exiger leur libération, les leaders de l’opposition semblent absents. Si certains ont le mérite de faire quelques déclarations sans impact pour se donner bonne conscience, d’autres en revanche, brillent par une absence sidérante.

 

Une situation déplorable qui a suscité samedi 7 mars dernier lors d’une conférence de presse pour la libération de Privat Ngomo, l’ire et la réaction de la société civile gabonaise représentée par Georges Mpaga du ROLBG. D’après ce défenseur des droits de l’Homme, le silence et l’inaction des leaders de l’opposition sont incompréhensibles.

 

« Nous constatons que l’opposition gabonaise est aujourd’hui dispersée, il n’y a aucune dynamique très forte dans l’opposition. Elle a perdu de sa vivacité (…). Actuellement, depuis trois ans, l’opposition est complètement éteinte », a-t-il déclaré.

 

Sans langue de bois, Georges Mpaga estime que l’opposition gabonaise doit se réinventer et se repositionner face au pouvoir dont elle semble s’être acoquinée. Pour lui, les déclarations sans impactes, doivent céder la place aux actes concrets pour obtenir la libération des prisonniers politiques. « L’opposition passe son temps à faire des discours, alors que le peuple a besoin des actions concrètes », a-t-il lancé.

 

Des actions concrètes, c’est bien ce qu’attendent les familles pour que leurs proches soient libérés. Il y a quelques jours, les avocats de Pascal Oyougou, confiaient à la presse le refus des juges de libérer leur client, qui pourtant a purgé ses deux ans de détention préventive conformément à la loi. Mieux, ils auraient affirmé aux conseils de M. Oyougou, qu’ils attendaient un ordre du pouvoir pour le libérer. Privat Ngomo qui a été arrêté et incarcéré dans les mêmes conditions, pourrait connaitre le même sort.

 

Les leaders de l’opposition qui sont parfaitement informés que la détention préventive de leurs compagnons, pourrait se muer dans les prochains jours en condamnation définitive, se tournent les pouces. Ces prisonniers politiques de l’opposition, auraient-ils mal fait de soutenir ces leaders, qui aujourd’hui ne font rien pour leur libération ?

 

Ailleurs, lorsqu’un militant ou leader d’une formation politique est victime d’une arrestation ou d’un emprisonnement jugé arbitraire, des actions fortes telles que des marches pacifiques, des grèves de la faim etc, sont organisées pour attirer l’attention des autorités politiques du pays et de la communauté internationale, afin d’obtenir la libération de ce dernier. Des exemples sont légion que ce soit en Afrique centrale francophone ou dans d’autres parties du monde.

 

Or, depuis l’incarcération de Pascal Oyougou et des autres prisonniers politiques, rien n’a été fait par les leaders de ces partis de l’opposition. Ce qui amène certains à penser qu’ils seraient des opposants de façade ou de circonstance, notamment lorsqu’il s’agit de solliciter le vote des populations, au cours des joutes électorales.

 

Georges Mpaga aurait-il raison de dire, qu’il n’y a rien à attendre de cette opposition ? Serait-ce un mauvais choix que de militer dans ces partis politiques dont les leaders ne peuvent en aucun cas défendre et protéger les leurs ? Dans tous les cas, à chacun d’y réfléchir avant de poser un acte quelconque au nom de l’opposition. Les cas Pascal Oyougou, Bertrand Zibi Abeghe, Privat Ngomo etc, devraient nous faire réfléchir.

 

 

James RHANDAL

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