Gabon/Forum fonction publique : «La reprise des travaux en commission devrait susciter de l’espoir à l’endroit de tous les agents publics, des jeunes postulants et des retraités», Joël Ondo Ella, vice-président Comité de pilotage des recommandations

LIBREVILLE (Equateur) – Dans un entretien accordé à l’Agence de presse Equateur, le vice-président du Comité de pilotage des recommandations issues du Forum de  la Fonction publique des 8, 9 et 10 février dernier, Joël Ondo Ella, revient sur l’objectif du Forum de la Fonction. Il évoque également la dernière phase du recensement des agents publics retardataires, tout en mettant en garde le gouvernement sur l’éventuelle rupture du dialogue social, si lesdites recommandations n’étaient pas mises en œuvre.  

 

 

Agence de presse Equateur : Dans une interview accordée à un journal, notamment sur les objectifs du Forum de la Fonction publique et des 140 recommandations issues de cette rencontre, le ministre de la Fonction publique, Madeleine Berre, a déclaré que les recommandations n’étaient pas des résolutions. Donnant l’impression que le gouvernement n’était pas dans l’obligation de les mettre en œuvre. Qu’en pensez-vous ?

 

Joël Ondo Ella : Je voudrais rappeler que les 8, 9 et 10 février 2020, sur invitation du gouvernement à travers le ministre de la Fonction publique, les organisations syndicales des travailleurs et les représentants de l’administration, se sont retrouvés à l’hôtel Nomad de la commune d’Akanda (Nord de Libreville) pour plancher sur l’ensemble des préoccupations, qui impactent les conditions de vie et travail de l’agent public (Civil, militaire et retraité).

 

A cette occasion,140 recommandations ont sanctionné lesdits travaux, qui déboucheront à la mise en place d’un comité de pilotage présidé par le Premier ministre et la Vice-présidence, assurée par les ministres de la Fonction publique, du Budget et les représentants des partenaires sociaux, dont ma modeste personne et d’autres camarades. L’objectif était de transformer ces recommandations en actes exécutoires. Les 140 recommandations se sont vues classées dans quatre commissions dont la composition respecte le bipartisme (Administration et partenaires sociaux).

 

Au moment où nous commencions les travaux dans les commissions, soudain arrivera dans le monde et dans notre pays, la pandémie du covid-19, qui a fortement perturbé l’élan et la détermination que nous avions tous, pour apporter des réponses concrètes aux préoccupations légitimes des travailleurs, particulièrement des agents publics. Il faut souligner que les attentes sont nombreuses sur les recrutements, les intégrations, les reclassements, avancement, arrimage de la pension retraite au nouveau système de rémunération, la caducité des textes de la Fonction publique, face aux exigences de la ressource humaine de l’État.

 

 

Le mercredi 3 juin 2020, les travaux des commissions ont repris. Mais il semblerait qu’il y ait quelques réaménagements.

Soucieux de l’aboutissement de ses réformes, Madame le ministre de la Fonction publique, le comité de pilotage et l’ensemble des partenaires sociaux partie prenante à ces travaux, sont convenues de la reprise des travaux autour d’une réunion consensuelle entre les parties, en mettant en avant garde le respect des mesures barrières, parmi  lesquels, le respect de la distanciation sociale qui nous commande la réduction du nombre de commentaires par groupe de travail.

 

Aujourd’hui, la reprise des travaux en commission devrait susciter de l’espoir à l’endroit de tous les agents publics, des jeunes postulants et retraités, parce le rythme des travaux qui passe à 3 jours par semaine contre 1 jour au début. La perspective de commencer par les priorités et la définition du délai, restent des signaux d’une volonté du gouvernement et des partenaires sociaux à résoudre les problèmes des ressources humaines de l’État.

 

 

La semaine dernière certaines centrales syndicales soutenues par les agents publics, les retraités, les sortants écoles et ceux qui sont en attente d’intégration directe, ont manifesté pour exiger la mise en œuvre des recommandations du Forum de la Fonction publique et contester la deuxième phase du recensement. Ne sommes-nous pas dans une phase de rupture du dialogue social ?

Nous ne sommes pas encore à la phase de rupture du dialogue social permanent, qui a catalysé notre départ à Angondjé jusqu’aujourd’hui. S’agissant de la dernière phase du recensement des 11 000 agents qui étaient pour certains empêchés, et pour d’autres inexistants, nous devons la motiver. Car, en faisant la balance entre la demande en recrutement et intégration, et le nombre des agents dont l’existence serait douteuse, il apparaît clairement que la dernière phase de recensement reste salutaire, si elle nous permet d’obtenir réellement l’exactitude des agents publics, et que les postes des fantômes reviennent à nos jeunes sorties des écoles et qui attendent depuis longtemps.

 

Il me paraît donc important d’inviter l’ensemble des travailleurs, les agents publics de l’État, à nous accorder un temps de sérénité pour que nous allions au terme de ses travaux, le terme qui peut s’inscrire en Juin et fin juillet pour les premiers résultats.

 

En revanche, en qualité de force de proposition et moyen de pression, la rupture du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux pourra avoir sa raison et sa légitimité si jamais en fin Juillet, rien de concret n’impacte  positivement la condition de vie et de travail de l’agent public. Dès lors, nous serons en droit de mettre les moyens de pression au gouvernement parce que toute la raison sera de notre côté.

 

 

Votre dernier mot

En conclusion, même si bien souvent et habituellement la mise en œuvre des engagements du gouvernement est souvent sujette à des grèves et autres mouvement d’humeur, nous voulons accorder le bénéfice du doute à ces travaux parce qu’ils comportement un cachet particulier, que nous estimons cohérent à partir des quatre sous commissions qui existent. Il est mieux que l’on nous fasse du tort pour avoir fait confiance.

 

C’est pourquoi, j’invite tous et chacun à la cohésion, à l’abnégation, à la persévérance et la vision stratégique, pour les travailleurs trouvent la réponse à leurs problèmes. Je ne manquerai pas cette occasion pour appeler le gouvernement à considérer qu’à travers ces travaux, la stabilité sociale de notre pays est engagée, comme quoi, il faut rompre avec les éléphants blancs.

 

 

Propos recueillis par Levi NGOMA

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