Gabon/Dépénalisation de l’homosexualité : Faustin Boukoubi tente de rassurer les gabonais

LIBREVILLE (Equateur) – Conscient de la colère des gabonais, opposés majoritairement à la dépénalisation de l’homosexualité, le président de l’Assemblée nationale, Faustin Boukoubi, promet qu’aucun député n’a l’intention de toucher à la disposition du 14ème alinéa de l’article 1er de notre Loi Fondamentale qui dispose : « la famille est la cellule de base de la société, le mariage, union entre deux personnes de sexe différent, en est le support légitime. Ils sont placés sous la protection particulière de l’Etat ».  

 

Depuis le vote majoritaire des parlementaires en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité en République gabonaise, des vives tensions sont perceptibles au sein de l’opinion. Les confessions religieuses, la société civile et quelques politiciens, n’arrêtent pas d’exprimer leur déception face à des représentants du peuple, qui auraient foulé aux pieds les us, coutumes et traditions du pays, en dépénalisant l’homosexualité. Conscient de la colère suscité au sein de la population, le président de l’Assemblée nationale, Faustin Boukoubi s’est voulu rassurant ce mardi 30 juin au cours de la clôture de la première session ordinaire 2020 de son Institution.

 

Dans son discours circonstanciel, le locataire du Palais Léon Mba a déclaré que la dépénalisation de l’homosexualité ne remet nullement en cause la disposition du 14ème alinéa de l’article 1er de la loi fondamentale du Gabon concernant la cellule familiale. « Cependant, rassurez-vous, chers compatriotes, car certes la mesure pénalisante introduite en 2019 et qui n’a produit aucun effet depuis lors a été levée, mais aucun député n’a l’intention de toucher à la disposition du 14ème alinéa de l’article 1er de notre Loi Fondamentale qui dispose : ‘’la famille est la cellule de base de la société, le mariage, union entre deux personnes de sexe différent, en est le support légitime. Ils sont placés sous la protection particulière de l’Etat’’ », a-t-il déclaré.

 

En filigrane de cette déclaration du président de l’Assemblée nationale, si les homosexuels peuvent désormais vivre librement leur amour sans être sanctionnés par la loi, il n’en demeure pas moins qu’il ne leur sera jamais donné la possibilité de s’unir par les liens du mariage ou d’adopter des enfants, ce qui serait une violation flagrante de la disposition du 14ème alinéa de l’article 1er de la Constitution gabonaise.

 

Par ailleurs, Faustin Boukoubi encourage les gabonais à regarder vers l’avant, notamment en se posant des questions essentielles, « comme par exemple : Comment protéger les lieux publics, les espaces communautaires, la vue des enfants des attentats éventuels à la pudeur, dans un contexte où le respect de la vie privée s’impose dans un monde en pleine mutation ? Comment assurer la préservation de nos us et coutumes face aux inéluctables évolutions sociétales, dont les média et réseaux sociaux assurent abondamment la promotion, sachant que nos enfants y ont facilement accès ? », a-t-il dit.

 

Pour le député de Pana dans la province de l’Ogooué Lolo, des grandes réflexions sur ces questions au sein des différentes composantes de la nation, devraient être menées pour y apporter des réponses consensuelles et raisonnables, en s’inspirant entre autres, des trouvailles d’autres pays. « Mesdames et Messieurs, malgré les invectives passionnelles de certaines personnes, que nous respectons tout de même, l’Assemblée nationale, maillon irréfragable de la démocratie, reste à la disposition de tous les concitoyens, en vue de réfléchir à ces questions, mais aussi de contribuer à la consolidation de la cohésion nationale et partant, au développement de notre cher Gabon », a-t-il insisté.

 

 

James RHANDAL

 

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