Gabon/Diplomatie gabonaise : Quand le silence devient honte

LIBREVILLE (Equateur) – La France, le Bénin, le Sénégal… partout, les gabonais à l’étranger subissent humiliations et injustices. Et notre diplomatie ? Silencieuse. Parfois absente. Nos citoyens sont laissés à eux-mêmes, exposés à l’arbitraire, à l’humiliation et à l’expulsion. Lecture.

 

Tout a commencé avec une vidéo devenue virale. Une influenceuse gabonaise dénonçait le favoritisme des commerçantes béninoises sur le marché Isaac de Lambaréné, au détriment des commerçantes gabonaises.

 

Ce cri légitime a rapidement enflammé les réseaux sociaux, donnant lieu à une polémique virale entre internautes béninois et gabonais, souvent dans des termes orduriers et offensants.

 

Au lieu d’apaiser les tensions, le Ministère béninois des Affaires étrangères a publié une note officielle invitant ses ressortissants vivant au Gabon à se faire identifier pour un éventuel rapatriement.

 

Aucun contact préalable avec la diplomatie gabonaise. Une démarche unilatérale et inamicale, qui aurait dû entraîner la convocation immédiate de l’ambassadeur du Bénin à Libreville et une réaction ferme de nos autorités.

 

À la stupéfaction générale, le ministre gabonais des Affaires étrangères s’est rendu à Cotonou… non pas pour défendre la dignité du Gabon, mais pour se faire mettre en garde publiquement par la Vice-présidente béninoise sur la sécurité des béninois au Gabon, comme si leurs ressortissants étaient menacés. Une scène humiliante pour tout le Gabon et suivie avec consternation par l’opinion africaine.

 

Il faut souligner que cette réaction gabonaise n’a eu lieu que sous la pression de l’opinion nationale, et encore, pour se rendre dans un pays étranger et subir l’humiliation plutôt que de la conjurer. La diplomatie gabonaise a ainsi envoyé un signal d’impuissance et de faiblesse.

 

Mais le problème ne s’arrête pas là. Après le Bénin, c’est le Sénégal. Des étudiants gabonais sont arrêtés, certains emprisonnés, d’autres rapatriés pour simple défaut de papiers à jour.

 

Une situation qui, ailleurs, se règle par la médiation consulaire, des avertissements ou un rappel à la réglementation. Ici ? Humiliation, traitements arbitraires et abandon de nos citoyens. Pendant ce temps, des ressortissants sénégalais vivent au Gabon, parfois sans papiers, en toute tranquillité.

 

Pendant ce temps encore, en France, des gabonais sont frappés d’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Aucun soutien, aucune protection. Silence diplomatique. Étudiants, travailleurs, familles, tous laissés à eux-mêmes.

 

Cette succession d’incidents révèle un déséquilibre frappant : le Gabon, censé protéger ses citoyens, devient un État silencieux face à l’humiliation. Le message envoyé au monde est clair : nos ressortissants peuvent être méprisés, arbitrairement punis, expulsés, sans que quiconque assume la défense de leur dignité.

 

Il est urgent que le Gabon restaure sa dignité diplomatique. Une diplomatie qui ne protège pas ses citoyens n’a plus de sens. La souveraineté et le respect d’un peuple commencent par la manière dont ses dirigeants défendent ses ressortissants, où qu’ils se trouvent.

 

Le temps est venu de redonner à notre diplomatie courage, fermeté et honneur. Une nation respectée à l’extérieur est d’abord une nation qui se respecte elle-même.

 

 

LA RÉDACTION

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