Gabon/Fête du Travail : « Plus d’exigence, plus de rigueur et plus de cohérence dans l’action collective », l’appel du SG de la Fetrag aux travailleurs
LIBREVILLE (Equateur) – À l’occasion de la célébration de la fête du travail, qui a lieu chaque 1er mai, Jocelyn Louis Ngoma, Secrétaire général de la Fédération des Travailleurs du Gabon (Fetrag), a souhaité s’adresser à l’ensemble des travailleurs gabonais. Son discours a été particulièrement axé sur plusieurs enjeux cruciaux, notamment les réformes paramétriques de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), l’organisation des élections professionnelles et l’importance du dialogue social. Lecture.
Chers camarades,
Chers travailleurs,
Chers partenaires sociaux,
En ce 1er Mai, journée internationale de célébration du travail et de la dignité des travailleurs, je prends la parole avec un sentiment à la fois de responsabilité et d’espérance. Cette édition revêt une dimension particulière : elle est la première que nous célébrons sous l’ère de la Ve République.
Cette nouvelle étape institutionnelle appelle chacun de nous à plus d’exigence, plus de rigueur et plus de cohérence dans l’action collective. Elle nous oblige surtout à replacer le travailleur au centre des priorités nationales, non pas en discours, mais en actes concrets.
Nous saluons, dans ce contexte, les réformes engagées notamment au sein de la CNSS. La réforme paramétrique mise en œuvre constitue un choix difficile, mais structurant, qui vise avant tout à garantir la pérennité de notre système de protection sociale. Elle répond à une exigence de responsabilité intergénérationnelle : préserver aujourd’hui pour sécuriser demain.
Cependant, cette consolidation du système ne saurait être complète sans une amélioration tangible du pouvoir d’achat des travailleurs. La stabilité sociale et la performance économique doivent se traduire par des conditions de vie plus dignes pour celles et ceux qui produisent la richesse nationale. Il s’agit là d’un équilibre essentiel à préserver et à renforcer.
Par ailleurs, notre pays a franchi une étape importante avec l’organisation des premières élections professionnelles nationales. Nous ne pouvons ignorer que ce processus a été marqué par des insuffisances et des dysfonctionnements. Mais il est tout aussi important de reconnaître qu’il s’agit d’une première expérience, donc perfectible.
Plutôt que de céder à la tentation du rejet global, nous devons considérer cette étape comme un point de départ. Un point de départ qui fixe désormais un principe fondamental : celui de la régularité des élections tous les trois ans. L’enjeu n’est pas de revenir en arrière, mais d’améliorer ce qui existe, de corriger les faiblesses, de renforcer la transparence et de consolider la crédibilité du processus électoral social.
Car il vaut mieux bâtir progressivement un système organisé, même imparfait, que de continuer dans le désordre du passé.
Chers camarades,
Le dialogue social reste notre boussole. Il ne peut être efficace que s’il repose sur la vérité, la responsabilité et le respect mutuel. Notre organisation syndicale continuera d’assumer pleinement son rôle : celui de défendre les intérêts des travailleurs, sans complaisance mais aussi sans rupture inutile.
En ce 1er mai, je voudrais réaffirmer l’engagement de la Fetrag à rester une force de proposition, de vigilance et de construction sociale. Nous ne sommes pas dans la confrontation stérile, mais dans la recherche permanente d’un équilibre juste entre performance économique et justice sociale.
Que cette journée soit donc un moment de réflexion collective, mais aussi de renouvellement de notre engagement pour un monde du travail plus équitable, plus structuré et plus respectueux de la dignité humaine.
Vive le travail !
Vive les travailleurs !
Vive la Fetrag !
Jocelyn Louis NGOMA, Secrétaire général de la Fetrag
