Gabon/Fête de la Libération : Le SAP salue le message du Chef de l’État aux acteurs du monde du travail
PORT-GENTIL (Equateur) – À la suite du message à la Nation du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la Fête de la Libération, le Secrétaire général du Syndicat autonome des pétroliers (SAP), par ailleurs 1er Secrétaire général adjoint de la Confédération FETRAG, Louis Michel Reliwe, a tenu dans une déclaration, à relever certains points importants du discours du président gabonais pour le monde du travail.
Le Syndicat Autonome des Pétroliers (SAP) a suivi avec une attention particulière le message à la Nation du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, prononcé à Makokou (Ogooué Ivindo) le 30 août dernier, à l’occasion de la troisième édition de la Fête de la Libération.
Le SAP salue la sagesse, la hauteur de vue et la portée sociale de ce message, notamment son appel à la responsabilité, à l’équité, au respect de la loi et à un dialogue social sincère.
Pour le président du SAP, Louis Michel Reliwe, en rappelant qu’il faut « écouter avant de décider, expliquer avant de mettre en œuvre et corriger lorsque la réalité le commande », le Chef de l’État adresse également une exigence forte à tous les acteurs du monde du travail.
Le devoir de réussir concerne aussi ceux qui produisent
Selon le président du SAP, le président de la République a rappelé aux gabonais, que le 30 août les a rendu « la liberté de choisir » et nous impose désormais « le devoir de réussir ». Cette réussite, explique-t-il, ne peut se mesurer uniquement à la production pétrolière, aux investissements ou aux performances économiques. Elle doit aussi se mesurer à la situation des femmes et des hommes qui font fonctionner cette industrie stratégique.
Aussi, poursuit-il, derrière chaque baril, chaque plateforme, chaque opération de forage, de maintenance ou de logistique, il y a des travailleurs. La richesse produite par le pétrole doit aussi produire des emplois dignes, des carrières et des perspectives pour les gabonais.
La précarité ne peut pas devenir le modèle social du secteur pétrolier
Cependant, le SAP par la voix de son secrétaire général s’est dit préoccuper par la situation de travailleurs qui exercent durablement des fonctions indispensables dans les entreprises pétrolières tout en restant liés à des contrats temporaires, à des agences de placement ou à des dispositifs de sous-traitance.
Le SAP ne remet pas en cause, par principe, ces mécanismes. Mais ils ne doivent pas devenir des instruments de précarisation permanente ou de contournement du droit du travail. Un dispositif destiné à répondre à un besoin ponctuel ne doit pas devenir un système permanent de gestion de l’emploi.
A cet effet, le SAP demande donc un contrôle effectif de l’utilisation des contrats temporaires, de la sous-traitance et de la mise à disposition de personnel.
Entreprises utilisatrices et agences de placement : la responsabilité doit être assumée
Dans sa déclaration, le SAP a salué particulièrement la vision du Chef de l’État fondée sur la responsabilité de chacun. Cette exigence, explique M. Reliwe, doit s’appliquer pleinement aux relations entre entreprises utilisatrices, agences de placement et sous-traitants.
L’entreprise qui bénéficie quotidiennement du travail d’un salarié ne peut transférer toute sa responsabilité à l’agence qui l’emploie juridiquement. De même, l’agence de placement ne peut servir d’écran permettant de diluer les obligations envers le travailleur. Par conséquent, le travailleur ne doit jamais être la victime du partage contractuel des responsabilités entre plusieurs entreprises.
C’est fort de ce constat, que le SAP s’est engagé à défendre une véritable coresponsabilité sociale, notamment en matière de conditions de travail, de sécurité, de formation et de respect des droits.
L’administration du travail doit sortir de toute complaisance
Pour le SAP, le message présidentiel doit également être entendu par l’administration du travail. Lorsque des situations de précarité perdurent, lorsque la sous-traitance devient un mode permanent de gestion du personnel ou lorsque les responsabilités sont artificiellement dispersées entre plusieurs entreprises, l’administration ne peut se limiter à constater.
Son rôle, souligne Louis Michel Reliwe, est de contrôler, de faire respecter la loi et de corriger les situations qui doivent l’être. C’est pourquoi le SAP dénonce toute forme de complaisance administrative susceptible de favoriser la banalisation de la précarité ou la dilution des responsabilités.
L’administration du travail ne doit être ni l’alliée des employeurs ni l’adversaire des travailleurs, ajoute-t-il. Elle doit être l’arbitre impartial chargé de faire respecter la loi avec la même rigueur pour tous.
Becuna : les morts ne doivent pas emporter les droits des rescapés
Le SAP ne peut parler de l’avenir de l’industrie pétrolière sans évoquer le drame de Becuna, survenu le 20 mars 2024 sur une plateforme de Perenco au large de Port-Gentil. Cet incendie a provoqué la mort de plusieurs travailleurs et profondément marqué leurs familles et leurs collègues.
Mais le SAP rappelle, que derrière les disparus, il y a aussi des rescapés, dont certains portent encore les conséquences physiques, professionnelles et sociales de cette tragédie.
Le SAP tient donc à attirer particulièrement l’attention sur la question de leur indemnisation et de la réparation des préjudices subis. Car le décès d’un travailleur ne doit pas avoir pour conséquence d’enterrer, avec lui, les droits et les préoccupations de ceux qui ont survécu.
Becuna ne peut pas être une affaire dont les morts emportent les droits avec eux et dont les survivants restent seuls avec leurs séquelles. Le SAP demande que la situation des rescapés soit examinée avec sérieux, transparence et équité, conformément aux textes applicables et aux responsabilités qui seront établies.
« Nous demandons également que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et que les droits des victimes, des rescapés et de leurs familles soient effectivement pris en compte », soutient l’organisation syndicale pour qui la sécurité du travailleur ne se sous-traite pas, et sa responsabilité ne se dilue pas.
Le contenu local doit se voir dans les carrières
Pour le SAP, le cadre juridique renouvelé du secteur pétrolier doit maintenant produire des résultats concrets. Le contenu local ne peut être réduit à des statistiques. Il doit se voir dans les emplois, les formations, les promotions et l’accès des compétences gabonaises aux responsabilités.
Le SAP demande que les obligations relatives à l’emploi local et au transfert de compétences soient effectivement contrôlées et respectées par tous les opérateurs.
Le dialogue social doit produire des résultats
Le SAP accueille favorablement l’appel du Chef de l’État à un dialogue « sincère, permanent et structuré » et à une négociation de bonne foi.
« Nous ne voulons pas paralyser l’industrie pétrolière. Nous voulons contribuer à sa stabilité et à sa performance. Mais la stabilité sociale ne peut reposer sur le silence des travailleurs. Elle suppose une écoute réelle, des négociations sérieuses et des engagements suivis d’effets », rappelle Louis Michel Reliwe.
C’est pourquoi le SAP privilégiera toujours le dialogue lorsqu’il permet de résoudre les problèmes. Mais dialoguer, souligne-t-il, ne signifie pas accepter indéfiniment les mêmes injustices.
Le SAP prend sa part du devoir de réussir
Le message du Chef de l’État rappelle que le devoir de réussir est collectif. A cet effet, l’État doit faire respecter la loi. L’administration du travail doit exercer ses missions avec impartialité. Les employeurs doivent respecter leurs obligations. Les entreprises utilisatrices, agences de placement et sous-traitants doivent assumer leur part de responsabilité. Et les syndicats doivent défendre les travailleurs avec indépendance et détermination.
Pour le SAP, aimer le Gabon, c’est aussi respecter ceux qui le font fonctionner. C’est garantir leur sécurité, reconnaître leur contribution, leur permettre de construire une carrière dans leur propre pays et tenir les engagements pris envers eux.
Le SAP ne demande aucun privilège. Il demande que le travail soit respecté, que la parole donnée soit tenue et que la loi soit appliquée avec la même rigueur pour tous.
C’est ainsi que le Syndicat Autonome des Pétroliers entend prendre sa part du « devoir de réussir » rappelé par le Chef de l’État.
James RHANDAL
