Gabon : Setrag scelle un pacte stratégique avec les collectivités locales

OWENDO (Equateur) – Ce mercredi 11 février la Société d’Exploitation du Transgabonais (Setrag), en collaboration avec les collectivités locales, a réuni ses partenaires territoriaux autour d’un enjeu majeur : renforcer la sécurité ferroviaire au profit des populations riveraines.

 

Au fil des interventions, il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas d’un simple atelier technique. Une nouvelle étape dans la gouvernance territoriale du Transgabonais vient d’être franchie.

 

Le Transgabonais, artère vitale sous haute responsabilité.

 

Infrastructure stratégique, le Transgabonais relie les zones minières et forestières au port d’Owendo et soutient une part essentielle de l’économie nationale. Mais cette performance logistique impose une vigilance constante : garantir la sécurité des communautés installées le long de la voie ferrée.

 

Représentant le Directeur général, Christian Magni empêché, la directrice de la communication, Mme Reine Sonia Okoua Obame, a donné le ton dès l’ouverture des travaux. « Le Transgabonais est une artère vitale pour notre économie. Mais son efficacité ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité des populations riveraines. ».

 

Un message ferme. Malgré les campagnes de prévention menées ces dernières années, les risques persistent. Traversées imprudentes, occupations anarchiques de l’emprise ferroviaire, installations non conformes : les incidents potentiels demeurent une réalité.

 

Face à ce constat, l’entreprise a choisi d’adopter une approche plus inclusive et territorialisée. L’atelier a ainsi permis de poser les bases d’un cadre formel d’échanges et de clarifier les responsabilités de chaque acteur.

 

Les collectivités locales en première ligne.

 

Prenant la parole, le maire d’Owendo, Arnaud Sandie Nombo, a salué une initiative « responsable et structurante ». Il a reconnu que, au fil des années, certaines habitations se sont développées dans des zones non conformes à la réglementation ferroviaire, exposant leurs occupants à des risques majeurs.

 

 « Cette situation appelle une réponse collective et durable », a-t-il insisté.

 

Pour l’édile, la sécurité ferroviaire s’inscrit pleinement dans la vision des plus hautes autorités en matière de protection des personnes et des biens. La municipalité, a-t-il assuré, jouera pleinement sa partition dans cette responsabilité partagée.

 

Une stratégie encadrée par le droit et ouverte aux communautés.

 

Les échanges ont ensuite pris une dimension plus technique. Mme Mboute Inès Romilda, cheffe du département sociétal et RSE, et M. Ngagnia-Ndjabounda Eddy Clerck, chef de division relations communautaires, ont présenté la stratégie communautaire de la Setrag.

 

Son fondement juridique repose notamment sur le décret n°00132/PR du 27 janvier 1978 réglementant la Police des Voies Ferrées en République gabonaise. Ce texte engage plusieurs ministères dans l’application des dispositions relatives à la sécurité ferroviaire et confère aux collectivités locales un rôle déterminant.

 

Dans ce dispositif, les communes deviennent des relais opérationnels essentiels. Elles ont été appelées à :

 

Diffuser les messages de sensibilisation via les chefs de quartier ;

 

Participer au recrutement des volontaires ;

 

Formaliser les associations communautaires ;

 

Faciliter le déploiement des actions sur le terrain.

 

De son côté, la Setrag s’est engagée à :

 

Former et encadrer les volontaires ;

 

Assurer leur rémunération selon les modalités définies ;

 

Suivre et évaluer les actions mises en œuvre ;

 

Recueillir et analyser les données issues du terrain.

 

La stratégie s’aligne également sur la norme de performance 4 relative à la santé et à la sécurité des communautés, traduisant une volonté affirmée d’adhésion aux standards internationaux.

 

Des échanges francs et un consensus trouvé.

 

Les discussions ont été franches et constructives. Le représentant de l’Agence de Régulation du Transport Ferroviaire (ARTF) a rappelé que la Setrag doit continuer à assumer pleinement ses responsabilités afin d’amener les riverains à respecter la législation en vigueur.

 

Après plusieurs heures de concertation, un consensus s’est dégagé : la mise en place d’équipes mixtes composées d’agents Setrag, de représentants des communautés et des communes traversées par le chemin de fer.

 

L’objectif est désormais clair : passer d’actions ponctuelles de sensibilisation à une dynamique permanente et structurée.

 

Vers une culture partagée de la sécurité ferroviaire.

 

À l’issue des travaux, plusieurs résultats sont attendus :

 

Une meilleure compréhension des risques ferroviaires ;

 

Un engagement renforcé des collectivités locales ;

 

Des orientations concertées pour les actions de terrain ;

 

Une collaboration durable entre la Setrag et les territoires ;

 

Le lancement effectif du processus de constitution d’associations communautaires.

 

À Owendo, ce 11 février 2026, l’atelier a marqué plus qu’une étape technique. Il a envoyé un signal politique et sociétal fort : faire de la sécurité ferroviaire une culture partagée.

 

Car si le rail transporte minerais et marchandises, il traverse aussi des quartiers et des vies.

 

Et c’est précisément là que se joue l’équilibre entre développement économique et responsabilité sociale.

 

Le rendez-vous est donc pris pour le 18 février pour la mise sur pied d’une feuille de route devant encadrer ce vaste programme.

 

LA RÉDACTION 

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