Gabon/Suspension des réseaux sociaux : Le pays se lance dans une stratégie de protection préventive

LIBREVILLE (Equateur) – La suspension des réseaux sociaux par les autorités gabonaises ne doit pas être perçue comme une restriction des libertés individuelles, mais plutôt comme une initiative de santé publique préventive, en phase avec les évolutions de la jurisprudence internationale. Lecture.

 

En anticipant des mesures que la justice américaine, connue pour son approche libérale, s’apprête à imposer sous la pression judiciaire, le Gabon se positionne en précurseur en Afrique dans la lutte contre les effets néfastes des technologies numériques (réseaux sociaux) sur les jeunes notamment.

 

En effet, Meta et Google sont actuellement confrontés à un procès à Los Angeles au États-Unis d’Amérique pour avoir délibérément conçu des algorithmes favorisant la dépendance des enfants. Des documents internes révèlent des intentions explicites d’« addiction des internautes », avec des employés se qualifiant de « dealers ».

 

En réponse à cette situation alarmante, le Gabon a décidé d’agir de manière proactive en suspendant jusqu’à nouvel ordre les réseaux sociaux.

 

Il ne s’agit pas d’une suspension de la liberté d’expression, mais d’une interruption temporaire de l’accès à des produits numériques qui fonctionnent comme des machines à addiction, ciblant spécifiquement les enfants dès l’âge de 6 ans sur des plateformes comme YouTube et 9 ans sur Instagram, et qui sont associés à des problèmes graves tels que la dépression, les troubles alimentaires et même le suicide.

 

D’ailleurs, la première comparution d’un PDG de réseau social devant un jury civil américain, celle de Mark Zuckerberg, le 18 février 2026, ainsi que les témoignages à venir de Neal Mohan, le Directeur général de YouTube, mettent en lumière la conscience de ces entreprises face aux conséquences de leurs actions.

 

Ainsi donc, le Gabon, en appliquant le principe de précaution, se distingue des démocraties occidentales qui commencent seulement à prendre conscience de ces enjeux, souvent sous la pression de milliers de plaintes collectives.

 

En agissant ainsi, les autorités gabonaises ne cherche pas à restreindre l’accès à Internet, mais plutôt à protéger la population des effets délétères que ces multinationales ont elles-mêmes documentés dans leurs recherches internes.

 

 

James RHANDAL

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