Les agents publics décrètent l’arrêt immédiat des mesures dites d’austérité

LIBREVILLE (Equateur) – Plus de mille agents publics ont pris part à l’Assemblée générale organisée ce mercredi 8 janvier à Libreville, par la Confédération syndicale Dynamique unitaire (DU). Conduit par le président de cette centrale syndicale, Jean Rémy Yama, l’AG a décidé de l’arrêt immédiat des mesures dites d’austérité, et de la régularisation de toutes les situations administratives par le gouvernement, dès ce 31 janvier 2020.

 

L’Assemblée générale de la Confédération syndicale dynamique unitaire (DU), qui s’est tenue ce mercredi 8 janvier au terrain de basket d’Awendjé, dans le 4ème arrondissement de la commune de Libreville, était axée sur un seul point : Les mesures d’austérité et les perspectives. Plus de mille agents publics membres et sympathisants des syndicats affiliés à DU, ont répondu présent à l’appel de Jean Rémy Yama, président de cette centrale syndicale.

Jean Rémy Yama (centre) et les autres …..

S’agissant du point inscrit à l’ordre du jour, Jean Rémy Yama a fait observer aux agents publics, que les mesures dites d’austérité initiées par le gouvernement et qui précarisent davantage les ménages, sont illégales dans la mesure où, elles ont été annulées le 30 octobre 2018 par décision n°217 de la Cour Constitutionnelle. Le gouvernement n’étant pas au dessus de la loi, cette décision de la Cour doit être appliquée dans l’immédiat.

 

En effet, le prétexte de ces mesures étant l’existence d’une crise financière au Gabon, selon le gouvernement, le président de DU l’a battu en brèche en se référent à l’actualité nationale, marquée entre autres, par des détournements massif de fonds publics et le blanchiment des capitaux. « l’Assemblée générale a réitéré qu’il n’y a pas de crise financière au Gabon en tant que tel, mais qu’il y a plutôt une mal gouvernance chronique et systémique de détournements de fonds publics, malversations financières, gabegie, corruption, blanchiment des capitaux, clientélisme et népotisme », a-t-il dit.

 

Pour Jean Rémy Yama, les scandales politico-judiciaires et financiers de ces dernières années qui secouent au plus haut sommet de l’État (Mamba, Kevazzingo, et surtout Scorpion), ont mis en évidence des milliers de milliards de francs CFA d’argent public détourné. « Sans oublier l’interception dans la nuit du 6 au 7 janvier 2020 d’un véhicule par la gendarmerie nationale au carrefour Rio, avec à son bord des éléments de la Garde républicaine (GR) en civil, détenant plusieurs milliards de francs CFA dans des sacs, viennent conforter cet état de fait », a-t-il souligné.

…. leaders syndicaux ont rappelé que les mesures d’austérités étaient illégales

Aussi, eu égard à tout ce qui précède, affirme M. Yama, les agents publics regroupés au sein de DU, ont décrété ce mercredi 8 janvier à Libreville, la fin immédiate des mesures d’austérité annoncées par le gouvernement, et impose dès le 31 janvier 2020 comme date buttoir de prise d’effet, la régularisation de toutes les situations administratives.

 

« La mise en place d’un guichet unique au ministère chargé de la Fonction Publique pour la régularisation de toutes les situations administratives (recrutements, intégrations, titularisations, avancements automatiques, reclassements après stage, reclassements CAMES) ; la restitution de tous les bons de caisse séquestrés au ministère chargé de la fonction publique ( La mise en place d’un guichet unique à la Direction de la solde pour : le paiement des rappels solde de tous les agents publics ; La restitution de tous les bons de caisse ou des salaires suspendus lors de l’opération de recensement de juillet 2018 ou à l’occasion de l’exercice du droit syndical », soutient-il.

 

Les agents publics qui ont décidé de ne pas participer au Forum de la Fonction publique, qui se tient du 8 au 10 janvier prochain à Libreville, exigent également la mise en place d’un guichet unique à la Direction générale du Budget pour le paiement des droits acquis, légaux et sociaux des déflatés de la CNSS, du CENAREST, de la SNBG, de l’OCTRA, d’Air Gabon, de Gabon Télécom, de l’ex-CHU d’Agondjé, de Gabon Poste, etc ; le paiement des heures supplémentaires dans les universités et grandes écoles et des vacations à l’éducation nationale ; le paiement des frais de scolarité des étudiants boursiers orientés dans les établissements privés d’enseignement supérieur ; de même que le paiement sans condition de la dette due aux entreprises.

 

Autres exigences, le paiement de la pension intégrale conformément aux nouveaux éléments du salaire de base issus du nouveau système de rémunération, et sa valorisation compte tenu du coût élevé de la vie ; le paiement de l’indemnité des services rendus aux agents publics permanents conformément à l’article 86 de la loi 1/2005 portant statut général de la fonction publique ; le paiement des arriérés de bourses d’études des élèves des lycées et collèges ; le retrait pur et simple du projet du nouveau Code du travail ; l’annulation des taxes illégales en vigueur depuis janvier 2019 (la Taxe sur les transactions électroniques airtelmoney et mobicash et bancaires, la contribution pour les ordures ménagères de 7% sur les factures d’eau et d’électricité, la contribution spéciale de solidarité de 1% sur tous les achats et même sur les transactions financières ;

 

Les agents publics imposent aussi le rétablissement du subventionnement des produits pétroliers au niveau qu’il était en 2009 et le gel de l’augmentation des taxes sur les produits pétroliers, qui est à l’origine de la hausse des prix du carburant et du gaz butane, ainsi que l’annulation des augmentations du taux de la cotisation CNAMGS. « Si au 31 janvier 2020 rien n’est satisfait sur l’ensemble des points susmentionnés, l’Assemblée générale se réserve le droit de mener toutes les actions d’envergure pour obtenir gain de cause », a conclu Jean Rémy Yama.

 

 

Levi NGOMA

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