Gabon : Le Trésor public exigerait aux déflatés de l’AGP ‘’une commission’’ avant le paiement de leurs droits légaux

LIBREVILLE (Equateur) – Licenciés pour motif économique en décembre 2017, les déflatés de l’Agence gabonaise de presse (AGP) n’ont toujours pas perçu leurs droits légaux et arriérés de salaire dus, que l’Etat gabonais s’est pourtant engagé à solder. Le Trésor public qui a reçu depuis plusieurs semaines tous les documents afférents au paiement desdits droits, exigerait à ces derniers ‘’une commission’’, au risque de les faire poiroter encore plus longtemps, a-t-on appris.

 

 

Trois ans ! C’est le nombre d’années que les déflatés de l’Agence gabonaise de presse (AGP), licenciés pour motif économique en 2017, attendent pour le paiement de leurs droits légaux et arriérés de salaires dus, que l’Etat gabonais s’est pourtant engagé à payer. Le Trésor public qui a reçu tous les documents afférents au règlement desdits droits, exigerait aux déflatés ‘’une commission’’ avant de procéder au paiement. Une information confiée ce jeudi 20 août par ces ex-agents de l’AGP, qui affirment l’avoir reçu d’un agent du Trésor public.

 

 

« Hier, nous avons rencontré un agent du Trésor qui nous a confié que si nous ne sommes pas payés jusqu’à présent, c’est parce que certains responsables du Trésor souhaitent que nous nous organisions pour leur donner quelque chose, avant que nous rentrions dans le paiement de nos droits », déclare un représentant des déflaté qui a requis l’anonymat, avant d’ajouter« J’hallucine grave sur le comportement des agents du Trésor, qui veulent qu’on leur remette un pot-de-vin, afin que notre situation trouve satisfaction ».

 

 

Une information qui pourrait être avérée, quand on sait que le lundi 10 août dernier, après une journée de manifestation à l’entrée du Trésor publique, les licenciés de l’AGP avaient été  contactés par l’un des responsables du Trésor, qui avait promis tout mettre en œuvre pour qu’ils soient rapidement payés. Une semaine plus tard, comment expliquer qu’on leur dise qu’ils doivent ‘’mouiller la barbe’’ à certains responsables du Trésor pour entrer en possession de leurs droits ?

 

 

Le vendredi 8 août, les mêmes déflatés avaient tenté de rencontrer le ministre d’Etat à la Communication, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, mais sans succès. Mieux, ils avaient été rabroués par un proche du ministre d’Etat. « Monsieur le ministre d’Etat a fait sa part. Ce n’est plus de son ressort si vous n’êtes toujours pas payés », avait-il laissé entendre. Des propos ahurissants, lorsqu’on sait que le mardi 23  juin dernier, le membre du gouvernement s’était engagé à piloter personnellement le dossier des déflatés de l’AGP, jusqu’au paiement intégral de leurs droits.

 

 

D’ailleurs, à cette occasion, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou qui avait déploré la lenteur avec laquelle ce dossier est traité, avait également rappelé que « lors de l’élaboration de la loi des finances rectificative, qui est actuellement devant le Parlement, le Premier ministre, Chef du gouvernement, avait insisté auprès du ministre de l’Economie et des Finances, pour que toutes les situations d’ordre social soient réglées ». Ainsi donc, le paiement des droits légaux des déflatés de l’AGP qui attendent depuis 3 ans, devrait être une urgence pour le Trésor public.

 

 

De même, la parole d’une autorité étant sacrée, comment peut-on expliquer cette volte-face du ministre Mboumbou Miyakou, qui avait promis piloter ce dossier jusqu’au paiement des droits par le Trésor public, et qui par la bouche d’un proche déclare avoir fait sa part ? Ou bien serait-ce une fois encore, un zèle amer de la part de ses collaborateurs des ministres, qui pensent bien faire en parlant à la place de leurs chefs ?

 

 

Dans tous les cas, le ministre d’Etat à la Communication étant un homme d’honneur, qui matérialise toujours ses engagements, d’après certaines indiscrétions, devrait réagir pour que les droits légaux et arriérés de salaire dus aux agents déflatés de l’AGP, soient soldés dans les plus brefs délais.

 

 

Pour l’heure, les ex-agents de l’AGP envisagent un nouveau sit-in au Trésor public et une grève de la faim dès le lundi 24 août prochain, pour exiger le paiement immédiat de leurs droits légaux et arriérés de salaire dus.

 

 

 

Levi NGOMA

 

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